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Xavier Macaire : « Ne pas naviguer en fonction des autres »

Et si c’était elle le gros morceau de la Solitaire du Figaro 2020 ? Longue de 492 milles entre Dunkerque et Saint Nazaire, cette troisième manche s’annonce piégeuse : parcours côtier, petit temps, courants, algues… Xavier Macaire le sait, il va falloir être particulièrement concentré dans cette étape qui s’annonce longue (4 jours) et durant laquelle les organismes et le mental vont être mis à rude épreuve. Ça tombe bien, le skipper de Groupe SNEF est prêt, déterminé à confirmer sa superbe première moitié de Solitaire. Actuellement deuxième du classement général provisoire, il n’accuse que 37 minutes de retard sur Armel Le Cléac’h, une paille tant les rebondissements pourraient être légion dès demain. Départ à 16h de Dunkerque !


Cette troisième manche s’annonce très dense, peux-tu nous expliquer pourquoi ?

« Elle est plutôt longue et on va passer par beaucoup de coins compliqués à négocier : la Côte d’Opale, la Normandie avec une marque de parcours devant Dieppe, le Cotentin avec Barfleur et le Raz Blanchard, là où les courants sont les plus forts d’Europe, Guernesey, la Bretagne Nord qui n’est jamais simple car il y également beaucoup de courants et d’algues puis les îles de la pointe Bretagne, des passages très techniques.

De plus les conditions météo ne vont pas nous aider, l’anticyclone est posé sur la Manche et va remonter vers nous petit à petit pour passer vers le Nord. Cela veut donc dire que l’on aura une phase de petit temps avec des transitions à gérer. Il faudra se positionner suffisamment tôt pour être le premier à redémarrer quand l’anticyclone sera passé sur la flotte. Cela devrait avoir lieu dimanche à hauteur de Dieppe. Enfin l’arrivée à Saint Nazaire est encore incertaine, il devrait y avoir une transition car une dépression est posée sur l’Atlantique mais on ne sait pas encore où… »


Passages à niveaux, courants, algues… Les phases de repos vont être compliquées à trouver ?

« Il est certain que l’on aura peu de moments de repos en raison de tout ce que l’on vient d’évoquer. De plus quand il n’y a pas de vent, contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas possible de se reposer, c’est au contraire dans ces moments-là qu’il faut être hyper précis, concentré sur ses réglages pour profiter de la moindre risée et réussir à repartir rapidement. Quand tout le monde est à l’arrêt parce qu’il n’y a pas de vent, ce sont les premiers qui repartent qui peuvent faire le break et prendre l’avance. Il faut donc être d’autant plus concentré, on n’a pas le droit de se relâcher ou se reposer, ce sont des phases cruciales.

Cela ne va pas être simple car on a déjà les deux premières étapes dans les jambes, elles ont été assez fatigantes, nous n’avons pas pu dormir beaucoup, surtout lors des fins d’étape quand on naviguait au contact. On accumule un manque de sommeil certain. »


Cette étape sera-t-elle décisive pour le classement ? Est-ce que tu gardes un œil dessus ?

« Je l’ai regardé par curiosité mais je ne me focalise pas dessus car nous ne sommes qu’à la moitié de la course. Il va se passer beaucoup de choses sur la prochaine étape, le but n’est pas de naviguer en fonction des autres et du classement général, mais plutôt d’être concentré pour naviguer le mieux possible, faire de bonnes options, une bonne stratégie, avoir une belle vitesse.

Je ne dis pas qu’à la fin de la troisième étape je ne regarderai pas les écarts au classement général provisoire mais là ce n’est pas le moment. Je ne naviguerai pas en fonction des autres, le but c’est de trouver mon fil conducteur sur cette étape et le suivre. »


Contact Presse : Julie Cornille – 06 62 88 81 18 – cornille.julie@gmail.com

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